Free agency, bilan prématuré des Broncos - Hail Mary
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Free agency, bilan prématuré des Broncos

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Free agency, bilan prématuré des Broncos

Il y a eu beaucoup de mouvements lors de cette free agency. Les Broncos ont dû dire au revoir à plusieurs joueurs, parmi eux Chris Harris Jr, Derek Wolfe qui ont testé leur valeur sur le marché et qui en sont sortis avec des contrats moins attrayants que ce qu’ils recherchaient. Denver a accueilli également de nouveaux visages. Le mouvement phare de cette FA demeure malgré tout, l’étiquette de franchise – franchise tag – apposée sur Justin Simmons. Son prochain contrat est notamment projeté à plus de 15 millions la saison.

Je prévoyais en début mars que le splash serait effectué pour améliorer la défense et drafter des skill players en attaque. Mon plan était sans prévoir que les cibles primaires de Denver iraient assez vite ailleurs. John Elway a raisonnablement choisi de ne pas casser la tirelire sur des joueurs comme DJ Reader ou Byron Jones.

Premier chapitre, les arrivées en attaque

Les Broncos ont signé Graham Glasgow, Jeff Driskel, Melvin Gordon et Nick Vannett pour renforcer l’attaque.

Glasgow est un joueur de ligne offensive. Sorti de Michigan en 2015, il a été drafté par les Lions pour lesquels il a joué aux postes de garde gauche et droit en saison recrue puis centre et garde gauche avant de se stabiliser au centre de la ligne offensive. Il s’est rendu coupable de 6 holdings dont 4 en 2017, 8 faux départs dont 4 en saison rookie. Cela fait rêver et cela semble prometteur. Il est noté à 74.2 sur le run blocking et 69 au pass pro par PFF. Il n’a autorisé aucun sack.

Jeff Driskel est arrivé à Denver après avoir joué pour les Bengals et les Lions. Il arrive en tant que remplaçant à Denver. Il a lancé 4 touchés pour 4 interceptions en 2019. Il avait affronté les Cowboys et les Redskins avant de se blesser aux ischios-jambiers.

Melvin Gordon est le sujet qui fâche les Broncos car il est clivant. Vient-il bouger l’enfant du pays ? À mon avis, il s’agit d’un joueur qui divise puisqu’il se dit que son salaire est trop cher. Pour moi, il sera très utile. Il a connu une saison 2019 compliquée avec un retard à l’allumage dû à son holdout – grève – en début de saison. Il a tout de même effectué 14 courses de plus de 10 yards avec les Chargers. Il en sort avec 8 touchés. Sur ses 4 dernières saisons, il a scoré au moins 8 TD. Contrairement à son coéquipier, il a dépassé la barre des mille yards une fois dans sa carrière, en 2017. S’il faille oublier la saison 2019, il obtient le first down à plus de 50 reprises en 2016, 2017 et 2018. Son nombre de portées a décru à chaque reprise depuis 2016. À la passe, il a capté 11 TD avec un pic en 2017 et 2018. Son point faible : les fumbles. L’ancien Charger a perdu le ballon à 14 reprises et après une accalmie suite à une saison rookie cataclysmique (6 fumbles), Gordon a perdu 4 ballons en 2019. Je pense que son niveau est de loin supérieur à celui affiché en 2019 (40% des snaps offensifs joués contre 71% en 2017). Ainsi, sa signature est plus que bienvenue puisque selon moi, il va partager les snaps avec Phillip Lindsay à hauteur de 50% et sa saison 2018 (53%) est une belle saison avec 14 TD (10 au sol) et 1375 scrimmage yards.

Enfin, Nick Vannett arrive à Denver en tant que TE-blocker. Sa saison 2018 est une belle saison statistique à la réception : 9.3 yards par réception, 17 ballons pour first down, 29 ballons captés. Il devrait participer à près de 50% des snaps offensifs.

Chapitre deux, les arrivées en défense

Jurrell Casey est un joueur qui a été échangé par les Titans et acquis par les Broncos au cours du mois dernier. En effet, Denver a renoncé à payer DJ Reader (Cincinnati Bengals) qui était une cible prioritaire pour le poste. Denver a testé les eaux et Tennessee a choisi de bazarder le contrat de Casey qui est de la même draft que Von Miller. Le mouvement a été largement salué par la communauté de football. Son année 2019 a été une saison collective avec des hauts et des bas mais le collectif défensif a su maintenir l’équipe à flots. Qualitativement, il vient remplacer Derek Wolfe. Casey a obtenu une note de 79.6 contre la course mais 63 au pass rush (PFF) contre 68.4 contre la course et 67.7 au pass rush. Ainsi, on peut dire que Casey apporte un gros plus à l’escouade défensive qui était dans la moyenne NFL contre la course mais déjà forte contre la passe. Il faut dire que cette année, les Broncos ont eu du mal à contenir les RB – Josh Jacobs pour n’en citer qu’un. Casey vient donc combler ce besoin contre la course. Toutefois, à la passe, il y aura encore ce léger besoin contre la passe. En effet, Casey n’a pas connu sa meilleure saison contre la passe et hormis, un record en carrière aux sacks, Wolfe a chuté dans toutes les autres statistiques. Ainsi, Denver ne perd pas tellement au change. Ceci dit, quand tu sais que la défense va pouvoir récupérer Bradley Chubb, qui sera aligné derrière Casey, tu relativise sur l’importance de l’impact que devra avoir Jurrell Casey.

AJ Bouye, l’autre attractivité de cette saison morte. Celui qui a récupéré le numéro anciennement porté par Aqib Talib, est venu en tant que CB1, celui qui sera au large. Nous n’allons pas comparer bêtement Harris Jr. Et Bouye car l’un était stabilisé dans le slot alors que l’autre était considéré comme un shutdown corner en 2017, l’année faste des Jaguars. Cependant, 2019 n’a pas été sa plus belle saison. Il faut dire que les Jaguars ont totalement lâché cette année-là. On les sentait en bout de course. Ainsi, en quoi Bouye va raviver sa carrière à Englewood, CO ?

Tout d’abord, parce qu’il va retrouver une défense collectivement forte, menée par un guide : Vic Fangio. Cet homme a réussi à installer une île Bausby, à trouver une vraie perle en la personne de AJ Johnson, peu considéré par Joe Woods et Vance Joseph. Dans ces conditions, je salive déjà de l’ajout de Bouye à ce cocktail défensif qui a terminé la saison comme la meilleure défense de zone rouge après les 49ers de San Francisco.

Ensuite, parce que Bouye quitte le marasme de Jacksonville. Depuis cette fin de match houleuse entre les Patriots et Jaguars, tout est allé dans tous les sens à Duval. Bortles a déçu après avoir été payé, remplacé par Foles qui dans la même situation n’a pu transcender et enfin, Minshew est arrivé mais la hype n’a duré que trop peu. Défensivement, l’année 2018 a été le théâtre du transfert de Jalen Ramsey vers les Rams de Los Angeles. Les confrères de Jacksonville Jaguars France seront mieux placés pour expliquer les raisons du déclin de la franchise durant ces 24 mois.

Enfin, je pense intimement que Bouye va réussir son coup puisque le GM John Elway avait mené une intersaison quasi similaire lors de l’intersaison 2014 durant laquelle les Broncos, en mode reconquête après la débâcle de New York contre les Seahawks, ont signé DeMarcus Ware (Dallas Cowboys), Aqib Talib (New England Patriots), Emmanuel Sanders (Pittsburgh Steelers) et TJ Ward (Cleveland Browns). Espérons que Drew Lock montre de belles choses en attaque afin de pouvoir voir la défense être moins fatiguée et plus efficace.

Le nouveau lineup offensif

En attaque, la formation est comme suit : QB Drew Lock protégé – en partant de la gauche – par Bolles, Risner, Glasgow, Schlottmann et James. Il sera épaulé par Lindsay et Gordon. Ici vient le problème. En effet, après avoir été titulaire et avoir su tirer profit de la méforme de Freeman, Lindsay se revoit en concurrence pour être RB1 car Melvin Gordon est arrivé de Los Angeles pour deux ans. L’ancien coureur de Wisconsin apporte de la versatilité à l’attaque, plus pass-friendly que Lindsay. Les deux vont devoir faire la différence car un sort de deux saisons à plus de mille yards et l’autre sort de plusieurs saisons avec au moins 8 TD.

À propos du corps de receveurs, il faut d’abord évoquer le fait que le personnel va changer. Rich Scangarello utilisait beaucoup de personnel 12 (1 RB – 2 TE) et 22 (2 RB – TE) et ainsi le FB était important notamment dans le second. Le seul problème de cela : les défenses n’étaient pas étendues sur toute la largeur du terrain. C’est sûrement ce qui a causé son licenciement. En effet, ce système demandait beaucoup aux joueurs : ils devaient se démarquer par leur propre talent. Étant donné cela, le QB devait aussi être extrêmement précis pour trouver ses cibles et même parfois avec des fenêtres de tirs très étroites. Avec Shurmur, on devrait s’attendre à 5 points.

1 – Écarter à outrance et tuer les défenses avec de l’espace

Scangs avait un grand mal à utiliser l’espace. Sa seule échappatoire était de balancer une bombe en espérant que Sutton se soit défait de mon marquage et qu’il parvienne à capter le ballon à temps. C’est un plan qui a mené à sa perte car Flacco est un QB pas très mobile, qui n’est pas tellement précis sur les tracés intermédiaires mais qui a un bras canon. De plus, on pouvait remarquer que plusieurs receveurs étaient positionnés dans une zone plus ou moins proche, ce qui facilitait le travail des défenseurs. Voici en image (venu du site NFL Game Pass) une situation où les Broncos sont menés 21-6 et doivent scorer, ils sont aux portes de la end-zone et 4 receveurs sont sur le terrain mais aucun n’arrive à se démarquer. L’action aboutira sur un sack de Joe Flacco.

Un snap plus tard, Noah Fant et Emmanuel Sanders suivent le playbook mais se retrouvent dans la même zone en sous-nombre criant, 2 contre 4. Sanders est obligé d’improviser, Fant aussi et Flacco également. Sack.

Autre échantillon: contre les Bears, un jeu où on retrouve Fant (hors de l’image) Heuerman, Sutton Sanders. Fant va vers la gauche, Hamilton suit un tracé près de la LOS mais le long de la largeur, Sanders qui a un go route, et Heuerman qui a un tracé comeback au centre du terrain et Sutton juste à côté de lui. Ça fait 5 pass catchers sur le terrain dont 4 dans la même zone. Heuerman va capter un ballon pour 6 yards.

3 situations différentes où le spacing est quelque peu absent. Maintenant, un aperçu de l’attaque des Giants avec Daniel Jones aux commandes, contre les Redskins. 4 receveurs avec un RB qui va bloquer :

Cela n’a donc pas permis au QB de se distinguer que par sa précision et quand on a vu 3 QB se succéder, c’est un secret de polichinelle de dire que cela n’a pas fonctionné.

Pat Shurmur utilise des sets 11 (1 RB, 1 TE, 3 WR) ce qui permettra d’avoir un receveur X, un Z et un slot en plus de Noah Fant qui tournera avec Vannett selon qu’il faille bloquer. Avec ce genre de système, il faut un receveur qui stretch le terrain. C’est pourquoi vous entendez parler de speedy WR à la draft : Henry Ruggs III, Brandon Aiyuk et d’autres encore.

2 – Les schémas de course ne vont pas changer

Shurmur a appelé plusieurs jeux du type outside zone. Concernant les courses inside, il y a aussi énormément de zone. Ceci dit, le style de course qui puisse être appelé dépend grandement du type de RB qui se trouve sur le terrain.

3 – Les TE et les FB perdent de la valeur

Attention, ne vous méprenez pas. Noah Fant n’est absolument pas concerné par ce postulat. D’une part, il est le TE le plus pass-friendly et d’autre part, son physique et sa faculté à prolonger les jeux font de lui un atout redoutable dans cette attaque. Ceci dit, Andy Janovich trouve ici la raison de son transfert à Cleveland. Jano ne trouve plus sa place dans ce système qui ne verra qu’un homme à côté du QB. Ainsi, la venue de Nick Vannett est purement factuelle car il viendra pour faire souffler Fant. Cet homme sort d’une belle saison, de sa meilleure en terme de statistiques. Hormis Vannett, la bataille pour être dans le roster sera féroce : Austin Fort, Troy Fumagalli, Bug Howard, Austin Beck et Jake Butt vont devoir cravacher car un seul ne sera retenu pour faire la saison en cas de blessure d’un parmi Fant et Vannett. Je n’ai pas évoqué Jeff Heuerman car il sera une victime du cap space à un moment donné.

4 – Les ajustements pré-snap seront pléthores

C’est là que nous trouvons la raison de la signature de Shurmur. Il faut rappeler qu’il venait de se faire démettre par les Giants et cela a pris de court Elway et Fangio. Le dernier le voulait tellement qu’il a licencié Scangarello alors que le Black Monday était passé. Venons-en au fait. Pat Shurmur veut garder les défenses sur le pied de guerre, alertes et attentives au moindre mouvement. Shurmur a eu Bradford, Keenum, Eli Manning, Daniel Jones. 4 QB qui ont quand même bien figuré. Il faut rappeler que Case Keenum – actuel QB des Browns – a connu sa meilleure année sous les ordres de Pat Shurmur.

5 – Il tire le meilleur des QB

Il a bossé avec de nombreux QB au cours de sa carrière de coach. Il a toujours dépassé les attentes.

En 2009, avec les Rams de Saint Louis, Shurmur a eu sous ses ordres Marc Bugler, Kyle Boller. À cause de leur niveau, Shurmur s’est reposé sur Steven Jackson (RB). La saison a été décevante en terme de résultats mais les Rams ont pu être bien placés pour récupérer un meilleur QB à la draft.

La saison suivante, ils ont récupéré Sam Bradford avec le premier choix général de la draft. Ce jeune rookie a tiré profit des enseignements de Shurmur. Ce dernier a tiré le maximum de ce mec à tel point que les Rams ont cru qu’il était le prochain grand QB. Les Rams ont terminé à 7-9.

En 2011, il est nommé coach à Cleveland. Il a eu Colt McCoy et Seneca Wallace. McCoy a été solide après avoir construit son attaque autour de lui. L’année suivante, il a eu Brandon Weeden. Il a dû une nouvelle fois adapté son système à un énième QB – si vous suivez, il s’agit du sixième QB en 4 ans. Il n’avait pas de cibles, la saison a été décevante. Il a été viré. Il n’a pas été le seul dans cette situation, à Cleveland.

De 2013 à 2015, il est avec les Eagles. Beaucoup parlent de Chip Kelly mais celui qui soufflait les jeux était bien Shurmur. Nick Foles est arrivé et a tout bonnement lancé 27 TD pou 2 int. L’année suivante, Kelly a commencé à mettre Shurmur de côté et appeler de plus en plus les jeux. L’année s’est conclue avec une régression de Foles, une saison offensive décevante. L’année suivante, un QB retrouve son gourou: Sam Bradford. Kelly a perdu la main car Bradford était juste dans la moyenne. Il est viré et Shurmur a repris l’attaque, on a pu observer du mieux chez Bradford.

2016-2017: Avec les Vikings et le miracle. Une fois de plus, Bradford retrouve son gourou. Les attentes ont été dépassées, encore. En 2017, il a dû avoir à gérer un 7ème QB, Keenum. Demandez aux fans des Saints si Keenum n’était pas magique avec Shurmur.

2018-2019: Manning et Jones. Il a dû ajuster son attaque deux fois en cours de saison – Jones a été nommé starter et Eli a repris le poste quand Danny Dimes s’est blessé. Quand les Giants ont échoué, l’attaque était loin d’être le premier coupable. Loin de là.

J’entends par ci, par là que les Broncos devraient aller chercher un QB confirmé, sur le marché des agents libres. Je vais répondre qu’il ne faut pas refaire les mêmes erreurs qu’en 2018 – où les Broncos ont payé Keenum 36 millions sur deux ans, qui n’aura passé qu’un an – et 2019 avec Joe Flacco, sur le déclin, qui n’est déjà plus dans le roster. Si les Broncos ont trouvé leur QB, ainsi soit-il. Sinon, la classe 2021 est tout aussi superbe : Justin Fields, Trevor Lawrence en tête d’affiche mais aussi Trey Lance (North Dakota State) Jamie Newman (Georgia) Kellen Mond (Texas A&M) Tanner Morgan (Minnesota) K.J. Costello (Mississippi State) Kyle Trask (Florida) Sam Ehlinger (Texas), qui restent en retrait des deux premiers mais qui demeureront des cibles en cas d’échec de Drew Lock en 2020.

(Crédits image mise en avant: NY Post – images NFL Game Pass)

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